LA PLONGEE EST UN SPORT A RISQUES CONSENTIS


AVERTISSEMENT: cet exposé ne remplace pas les cours de vos encadrants, mais est un rappel des précautions que doivent prendre les plongeurs de tous niveaux.

Chaque phase de notre activité nous expose à des dangers particuliers. Notre équipement se compose de matériels lourds et sous pression. Sa manipulation demande un apprentissage spécifique. A bord des navires, nous sommes exposés aux dangers de la navigation maritimes. Enfin l'exploration sous-marine nous expose à ses propres dangers. Aussi quand je suis plongeur je m'expose à des DANGERS DE SURFACE et à des DANGERS SOUS-MARINS. Je dois-m'en PREMUNIR le mieux possible en respectant les consignes "de terrain" (et de bon sens) qui suivent.

DANGERS SOUS-MARINS(repérés par couleurs)
Pendant mon exploration, je suis confronté à des risques d'ACCIDENTS MECANIQUES d'ACCIDENTS BIO-CHIMIQUES, d'ACCIDENTS TOXIQUES
Mon COMPORTEMENT en plongée et mon MATERIEL peuvent en être la cause.

PREVENTION DES ACCIDENTS MECANIQUES
Les BAROTRAUMATISMES (voir cours de niveau1) sont des accidents dus aux EFFETS MECANIQUES provenant des variations de pression.
Les dommages par compression ou par expansion peuvent atteindre toutes les parties du corps contenant des gaz.
Ils interviennent soit à la descente, soit à la remontée ou pendant les deux actions.

PRECAUTIONS GENERALES
En terme général les variations de pressions ne doivent pas intervenir de façon brusques.
Je respecte les vitesses de remontée données par les tables ou l'ordinateur.
Je calque ma vitesse de descente sur celles des remontées.
J'effectue les manoeuvres d'équilibrage le plus souvent possible sans attendre un désagrément ou une douleur.
J'utilise le courant plutôt que de le contrer.
Je ne m'immerge pas si je suis enrhumé ou fiévreux ou sous traitement médicamenteux.
Je vérifie toujours mon matériel avant de sauter à l'eau.

PRECAUTIONS A LA DESCENTE
Je m'immerge en phoque en tirant ma purge rapide, de cette manière je m'assure qu'elle fonctionne.
Vers 3 mètres avant de faire un canard, je fais une vérification de mon matériel et de ma palanquée (accrochage des accessoires, fermeture des poches du gilet gonflable, proximité de mes coéquipiers).

Si je dois suivre un "bout" je ne m'y accroche pas, mais le garde en visuel le plus près possible, sans gêner mes coéquipiers.
J'exécute la manoeuvre de Valsalva à chaque inspiration dans les 10 premiers mètres, puis de façon plus espacée ensuite.
Je souffle régulièrement par le nez pour décoller mon masque.
En cas de problème d'équilibrage, j'avertis mon plus proche voisin de mon problème et j'arrête provisoirement ma descente pour y remédier.
Je commence à gonfler mon gilet pour ralentir ma descente avant d'atteindre le fond (ou de la profondeur recherchée)

Je termine ma descente par un équilibrage complet et je m'assure de la présence et du regroupement du reste de la palanquée.
Avant de partir en exploration je refais le point et mets en oeuvre mon matériel d'exploration (lampes, appareil photos, tablette de notation...)

PRECAUTIONS A LA REMONTEE
La remontée doit être anticipée quand un des membres de la palanquée le demande (froid, mal être, problème technique...)
La remontée est déclenchée quand un membre de la palanquée à atteint la réserve d'air décidée par le directeur de plongée.
Quand la remontée est décidée je range et accroche mon matériel d'exploration pour me consacrer entièrement à la gestion de la remontée.
Je respecte absolument les vitesses de remontée indiquée dans les tables ou par l'ordinateur de plongée.
Je garde une ventilation régulière pendant la remontée, et je n'économise pas mon air à des fins de record (risque important de surpression pulmonaire).
Depuis mon premier palier jusqu'à la surface, je termine ma remontée à la vitesse de 6 mètres par minute soit un mètre en 10 secondes.

Je reste groupé pendant la remontée avec le reste de la palanquée.
Si à la fin de mon palier, un de mes coéquipiers n'a pas terminé son palier je reste auprès de lui jusqu'à la fin de son palier.

ACCIDENTS BIOCHIMIQUES
Les accidents biochimiques sont principalement "LES ACCIDENTS DE DECOMPRESSION ou A.D.D.".
Ils apparaissent lorsque l'organisme ne se décharge pas normalement de sa charge d'azote.
Cette dernière est principalement en relations avec deux paramètres ; la DUREE DE LA PLONGEE et LA PROFONDEUR.
La complexité du phénomène nous oblige à tenir compte d'autres paramètres physiologiques.
C'est pourquoi la prévention des ACCIDENTS DE DECOMPRESSION commence déjà avant l'immersion.

PREVENTION DES A.D.D. AVANT LA PLONGEE
Je ne plonge pas quand la mer est mauvaise (forte houle).
Je ne plonge pas tout de suite après un long voyage.
je ne plonge pas tout de suite après un grand effort (jogging...)
je ne plonge pas si je ne m'en sens capable (stress)
Je ne plonge pas si je suis malade ou sous traitement médicamenteux.
Je ne plonge pas si j'ai consommé d'alcool ou des stupéfiants.
Je prends soin de m'hydrater convenablement avant de plonger.

PREVENTION DES A.D.D. PENDANT LA PLONGEE
J'évite l'espace lointain autant que possible, les plus belles observations se font entre 10 et 30 mètres
J'atteins la profondeur maximum planifiée en début de plongée.
J'évite le plus possible l'exploration du type "yoyo".
Je respecte la durée de plongée décidée par le directeur de plongée ou par le calcul des tables en cas de plongées successives.
Je respect la valeur de la réserve d'air décidée par le directeur de plongée.
Je fais demi tour quand la mi-pression est atteinte par l'un des membres de la palanquée.
J'évite les efforts inutiles, j'utilise le courant au lieu de le contrer, j'affine mon lestage, je ne transporte pas de charge lourde.
Je respecte absolument les vitesses de remontée.
Je ne fais aucune apnée lors de la remontée, ni n'économise mon air.
J'exécute entièrement et à la bonne profondeur les paliers indiqués par les tables ou par l'ordinateur.
Si aucun palier n'est requis je fais un palier de sécurité de 3 minutes entre 3 et 5 mètres, sauf si la houle est forte ou le courant trop important.
Je privilégie l'usage du second détendeur, plutôt que le partage d'embout.
Je tiens compte des FACTEURS FAVORISANTS LES A.D.D.

LES FACTEURS FAVORISANTS LES A.D.D.
Certaines circonstances physiologiques ou d'environnements favorisent les risques d'accident de décompression. Les connaître c'est anticiper les risques et permettre "d'ajuster" la décompression suivant les facteurs incontournables.

FACTEURS FAVORISANTS PAR ORDRE D'IMPORTANCE
L'âge (passé 40 ans le système cardio-vasculaire est moins performant)
L'obésité (les graisses fixent facilement l'azote)
Les antécédents d'accidents (constat statistique)
Les stupéfiants et les médicaments (ils altèrent la circulation sanguine)
La déshydratation. (le sang moins fluide évacue plus difficilement l'azote)
Les mauvaises conditions physiques ou psychiques. (ils prédisposent aux A.D.D.)
Les essoufflements ou ventilations anormales. (l'azote n'est pas évacué normalement, la charge résiduelle ne correspond plus aux valeurs des calculs des tables ou des ordinateurs)
Le froid (il modifie le rythme respiratoire)
Les plongées à remontées multiples du type des examens. (les tables ne l'ont pas prévu dans les calculs)
Les plongées successives ou consécutives. (constat statistique)
Le mauvais lestage (risque d'essoufflement)
Les conditions de mer formée. (palier très difficile à maintenir)
Les profils de plongées dangereux du type "yoyo", profile inversé, remontées anormales... (rendent les calculs de palier caduques)

PREVENTION DES A.D.D. APRES LA PLONGEE
Je me réhydrate correctement.
Je ne fais pas d'effort important et de longue durée.
Je ne fais pas d'apnée (exploration au tuba)
Je ne consomme pas d'alcool ou de stupéfiants.
Je recherche le repos et le calme.
Je ne prends pas l'avion avant d'avoir finit ma désaturation.("no fly" des ordinateurs).

LES ACCIDENTS TOXIQUES
En exploration à l'air je peux risquer des intoxications par deux gaz : L'AZOTE qui provoque "l'ivresse de profondeurs" et le GAZ CARBONIQUE ou CO² qui provoque des essoufflements.
L'intoxication par l'OXYGENE peu se produire si un palier à l'oxygène pur est fait à une profondeur supérieure à 6 mètres. Les animaux et la flore sous-marine possèdent des venins plus ou moins actifs.

PRECAUTIONS EN EXPLORATION
Je ne recherche pas inutilement la profondeur.
Si je suis victime de l'ivresse des profondeurs, je préviens immédiatement mon entourage et j'arrête ma descente.
Je reste à proximité de mes coéquipiers toujours en visuel et jamais plus éloigné que la distance maximale d'une apnée en expiration (panne d'air éventuelle).
En profondeur Je ne fais pas d'efforts inutiles.
Je ne pratique pas d'apnée entre deux inspirations.
Dans l'espace lointain j'expire plus profondément régulièrement pour éliminer l'excès de C0² dû à la profondeur.
Je signale sans tarder que je ne supporte plus le froid.
Je signale sans tarder tous maux de tête (céphalée).
Si je suis victime d'un essoufflement, je demande de l'aide immédiatement et je remonte assisté de quelques mètres jusqu'à la disparition du symptôme. Je ne continue plus l'exploration.
Je choisis le bon lestage en tenant compte du milieu aquatique (eau douce ou salée)et du matériel emporté.
Je ne transporte pas de charge lourde.
En cas de courant je m'éloigne de 1 ou 2 mètres d'un obstacle pour éviter l'accélération du courant proche du relief (effet Venturi)
Je ne touche ni à la flore, ni à la faune sous-marine.
Dans toutes les mers et plus particulièrement dans les mers chaudes, la plupart des "habitants" sont urticants ou venimeux.
Je me renseigne sur ces risques potentiels quand je change de pays.

LES DANGERS DE SURFACE

Je ne monte à bord ou quitte le navire qu'avec l'autorisation du capitaine du navire (fin des manoeuvres d'abordage ou de départ)
Pendant les traversées je reste à ma place et je me tiens si la mer est formée.
Je range les sacs pour éviter les chutes de matériel.
Je lubrifie toujours le joint torique de mon bloc avec ma salive avant de monter mon détendeur.
A l'ouverture du bloc je place ma main à plat au-dessus du détendeur pour prévenir d'éventuelles projections de caoutchouc si le joint éclate.
Je ne regarde mon manomètre que quelques instants après l'ouverture de la bouteille (risque d'éclatement du tuyau haute pression).
Je n'écoute" jamais une fuite d'air mais je la matérialise en aspergeant le robinet avec de l'eau.
J'accroche toujours mon bloc aux emplacements prévus sur les navires ou les couche au sol si la place manque.
Je range mon sac et mes boites d'emballages aux emplacements les moins gênants pour la circulation (risque de chute pour les passagers).
Je me protège du froid, du vent et du soleil pendant les trajets en bateaux (bonnet, ciré, casquette, lunette de soleil...)
Je m'hydrate normalement avant de me mettre à l'eau.
Je ne me mets pas à l'eau sans prévenir le directeur de plongée.
J'utilise la "mise à l'eau" la plus simple imposée par les circonstances.
Je garde tendu mon parachute quand j'ai rejoins la surface jusqu'à l'arrivée au bateau.
Je reste groupé avec le reste de la palanquée pendant le trajet du point de l'emersion jusqu'au bateau.
J'attends mon tour pour monter à bord, éloigné de l'échelle pour prévenir une éventuelle chute du plongeur précédent.
Je monte l'échelle du navire avec le masque et le détendeur en place.
Je gagne rapidement ma place et libère l'aire d'arrivée.
Je donne mes caractéristiques de ma plongée au directeur de plongée sans tarder (pour éviter les engueulades ;-)
Je range rapidement mon matériel pour éviter sa détérioration par les autres plongeurs.

Maintenant que je connais toutes ces recommandations je les applique et me prépare à faire de belles plongées en toute sécurité.

Jean Claude HAESINGER MF1 n° 14905